• Lorsque l’on tourne une pièce, il faut généralement ensuite la tournasser une fois qu’elle a une consistance plus ferme (consistance du cuir). Cela consiste à enlever des copeaux de terre avec des outils que l’on appelle des tournassins ou des feuillards afin de lui affiner la base, de travailler un pied ou de reprendre certaines surfaces par exemple…

     

    Tournassage

     

    De plus, la réalisation d'une pièce n’est pas toujours correcte du premier coup. Il y a des recherches, des essais, des ratés, des pièces qui ne conviennent finalement pas ou qui s’effondrent sur le tour (et oui, ça peut arriver !!), d’autres qui se fendent au séchage ou bien qui cassent pour telle ou telle raison…

     

    Bref, vous l’aurez bien compris, il y a du "déchet".

     

    Heureusement pour nous, céramistes, la terre se recycle. Tant qu’elle n’est pas cuite, on peut la réutiliser, la retravailler…


    Pour cela, il faut lui faire prendre un bon bain afin qu’elle redevienne très molle et qu’elle se transforme en ce qu’on appelle la barbotine. La terre sèche absorbera l’eau plus rapidement. Vous l’entendrez chanter lorsqu’elle se gorge d’eau.

     

    Le recyclage de la terre_barbotine

     

    Une fois bien ramollie, il faut la mettre à sécher sur un plâtre par exemple. Celui-ci va absorber l’eau afin de rendre à la terre une consistance qui permettra de la retravailler. Si besoin, on peut au préalable la mixer pour la rendre un plus homogène.

     

    Le recyclage de la terre_séchage

     

    Il reste ensuite à la travailler pour chasser les bulles d’air qui se seraient emmagasinées et la stocker dans un sac hermétique quelque temps afin qu’elle se recompose pour être propice à une nouvelle utilisation ! Il est possible de la conserver ainsi très longtemps.

     

    Le recyclage de la terre_pétrissage

     

    Ces étapes, notamment le pétrissage, peuvent s'avérer assez physiques en fonction de la quantité de terre à travailler. Mais le recyclage de la terre fait partie du travail invisible du potier et permet d'éviter le gaspillage !!

     

     


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    La cuisson d'émail

    Pour être utilisée à des fins alimentaires, toute céramique doit subir l’épreuve du feu. Vocabulaire imagé bien sûr en ce qui concerne la cuisson en four électrique mais beaucoup plus significatif pour ce qui est de l’usage de fours à bois ou de fours à gaz.

    Chacune de mes pièces subit deux cuissons. La première cuisson est appelée cuisson de dégourdis pour les pièces en grès. Je la monte à 960°. Peu de surprises généralement, sauf en cas d’erreur de conception ou de manipulation.

     

    Après l’émaillage, suit la deuxième cuisson, portée celle-ci à 1280 °. Je mets généralement mon four en route le soir et la montée progressive en température se fait sur toute la nuit. Puis, il faut compter plus une journée et une nuit de refroidissement. Je peux donc ouvrir mon four et découvrir le résultat de mon travail le surlendemain.

     

    La cuisson d'émail

     

    Dans le four se trouvent généralement des commandes, des pièces en vue des marchés à venir, parfois des prototypes. Avec le temps d'attente, les questions commencent, même avec l’expérience, elles ne peuvent s’empêcher d’être présentes.

    N’ai-je pas fait d’erreur d’émaillage ? Car quelque fois, en recherchant des effets particuliers, l’émail peut couler, être trop fin ou trop épais… Et évidemment, cela peut invalider une réalisation… Mais ces « situations surprises » peuvent également être de belles découvertes. Des erreurs inattendues qui ouvrent de nouvelles possibilités.

    En cas de commande, la réalisation correspondra-t-elle vraiment à ce que recherchais le client ? Sera-t-il satisfait ? La personne à qui la pièce est destinée est au centre des préoccupations. Est-ce que j’aurai compris sa recherche, sa sensibilité ? Est-ce que j'aurai su la faire coïncider avec la mienne ?

    Est-ce qu’il n’y aura pas de déformation ? Car à cette température, rien ne pardonne. Les découpes ou les formes trop audacieuses, les erreurs de façonnages parfois… On parle de mémoire de la terre. Si quelque chose ne lui convient pas, l’épreuve de la cuisson aidera la terre à parler et à nous montrer ce qu’elle n’a pas aimé…

     

    La magie de la cuisson...

    Le temps d’ouvrir le four arrive enfin, c’est l’heure de découvrir le résultat du travail réalisé. C’est toujours avec une curiosité mêlée d’une pointe d’inquiétude que j’ouvre le couvercle. Un moment presque magique ou la cuisson a fait son œuvre et a transformé les éléments. L’émail, la couleur qui donne son aspect définitif à la pièce, saute aux yeux et saute au cœur. C’est avec beaucoup de plaisir et d'excitation, comme l'ouverture d'un cadeau, que je prends les pièces encore chaudes et que je les découvre dans leurs nouveaux habits.

     

    La magie de la cuisson...

     

    J’inspecte les pièces sous tous les angles pour vérifier qu’il n’y ait pas de défauts et les découvrir sous toutes leurs facettes. Les émaux varient à la lumière et les effets peuvent varier d’un endroit à l’autre de la pièce.

     

    La magie de la cuisson...

     

    Il me reste maintenant à rajouter les anses des bols à laine et à prendre de jolies photos pour contacter les clients ou mettre certains articles dans la boutique en ligne mais pas tous n’est-ce pas, il faut bien en garder un peu pour les marchés à venir !

     

    La magie de la cuisson...

     

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  • Comment faites-vous pour obtenir ces mouchetés ? Ces lignes ?

    C’est une question qui revient souvent lors des marchés.

     

    Le brun ou le bleu moucheté, sont le résultat d'une superposition de deux émaux : un émail blanc recouvre l'émail de base. Lors de la cuisson, la sous-couche bouillonne et transperce le blanc. Ainsi, selon la densité et l’épaisseur des deux émaux, les mouchetures seront plus fines ou plus marquées. Il est par conséquent impossible d’obtenir deux pièces absolument identiques. Mais c’est, entre autre, ce qui crée la richesse de cet émail.

     

    A l'atelier : l'émail moucheté

     

    Maintenant, pour obtenir des lignes, je procède généralement par trempage. La ligne correspond donc à la hauteur du bain donné à la pièce. Cela nécessite d’avoir une quantité d’émail suffisante pour faire un bain adéquat à la pièce.

     

    A l'atelier : l'émail moucheté

     

    Ensuite, c’est la magie du four qui opère…

     

    A l'atelier : l'émaillage croisé

     

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  • Avec les dernières cuissons de décembre, la montée en température du four était de plus en plus poussive et je trouvais de plus en plus de défauts sur des pièces qui partaient du coup à la casse... L'émail coulait et se répandait allègrement sur mes plaques, les cuissons avaient facilement 3 à 4 h de trop, bref, plus rien n'allait !! Après plusieurs années d'utilisation sans problème, un petit coup de neuf s'imposait : il était temps de changer les résistances !

    Le temps de commander et de les recevoir, il a fallut ensuite retrousser les manches et mettre la main dans le four... sans les griller bien sûr !!

    Donc, vous vous en doutez, la première chose à faire, même si le four est éteint, est de couper le courant !!

     

    Ensuite, il faut ouvrir le boîtier et débrancher les résistances :

    Un petit coup de neuf pour mon four

     

    Puis, il faut retirer les anciennes. Elles se cassent au fur et à mesure que je les retire.

    Un petit coup de neuf pour mon four

    Un petit coup de neuf pour mon four

     

    Suit la mise en place des nouvelles :

    Un petit coup de neuf pour mon four

    Un petit coup de neuf pour mon four

     

    Et le tour est joué ! Revoilà mon four prêt à m'accompagner dans de nouvelles aventures !

     

    Un petit coup de neuf pour mon four

     

     

     


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