• Il existe différents types de terre qui se distinguent par la teinte, la texture et la résistance : la faïence, le grès et la porcelaine. Toutes sont composées à partir d’un même matériau : l’argile. Mais il existe de nombreuses variétés d'argile et selon leurs spécificités, elles rentrent dans la composition de telle ou telle pâte céramique.

     

    Boules de terre

     

    Ces différentes pâtes céramiques ont donc chacune une température de cuisson correspondante. La faïence se cuit autour de 1000°, on appelle cuisson de basse température. C’est une température suffisante pour fondre l’émail sans modifier les caractéristiques du corps même de la pièce. Le grès et la porcelaine se cuisent autour de 1280°, c'est une cuisson de haute température. L’argile se vitrifie, c’est-à-dire qu’elle se transforme en une masse solide et non poreuse.

     

    ...La faïence...

    faïence

     Carol Gouthro, dans 500 Cups, Editions Lark Books

     

    La faïence reste plus ou moins poreuse après la cuisson. Elle est peu dense et légère alors que le grès est plus dense et plus compact. Elle reste relativement fragile et se cassera plus facilement en cas de choc. La cuisson en basse température permet de développer des émaux souvent plus vifs et plus colorés qu’en grès.

    Si le plat est réalisé avec une terre culinaire, les plats à four auront une bonne résistance aux chocs thermiques.

    Sa légère porosité a l’avantage de permettre une certaine évaporation des liquides qui peut être intéressante comme pour des germoirs ou des pots de fleurs par exemple. En revanche, il arrive bien souvent que ces mêmes pots de fleurs s’écaillent ou se brisent lorsque l’eau absorbée vient à geler. Il convient donc de les rentrer ou de les vider en hiver. Dans le même esprit, un napperon sous un vase ou un dessous de plat sous un pichet seront les bienvenus pour éviter les fuites et les auréoles sur les meubles.

     

    ...Le grès...

    Grès

    Tood Leech, dans 500 Cups, Editions Lark Books

     

    Le grès est plus dense que la faïence puisque la terre a subi un processus de fusion homogène de toutes les particules dont se compose la terre (comme la porcelaine). On dit que la pièce est vitrifiée. Sa résistance et sa dureté permettent de réaliser une vaisselle solide d'usage courant qui résiste aux rayures, à la corrosion et à l’acidité (comme le sel, le vinaigre…).

    La gamme des couleurs de grès est souvent plus sombre que la faïence, car les couleurs ne supportent pas toutes la haute température. Ceci-dit, les techniques évoluent et on voit de plus en plus de grès coloré.

    Après la porcelaine, le grès occupe la deuxième place dans la production de poteries de haute température, longtemps considérées comme plus nobles que la terre de basse température.

     

    ...La porcelaine...

    Porcelaine

    Photo issue du Printemps des potiers de Sanary, 2008

     

    La porcelaine est une céramique fine et translucide. C’est une terre difficile à travailler, les gestes doivent être précis et sûrs. Le potier n’a pas le droit à l’erreur sinon, gare aux déformations ou autres tracas ! La difficulté du travail et le prix de la matière première en font des pièces plus onéreuses que celles en grès ou en faïence.

    Elle cuit à la même température que le grès et comme lui, elle se vitrifie à la cuisson. Mais, à la grande différence du grès, elle devient translucide lorsque les parois de l’objet réalisé sont fines.
    La vaisselle en porcelaine est la plus imperméable et la plus dure. Elle est la plus résistante aux chocs thermiques et mécaniques. Attention, cela ne l’empêche pas de casser si vous la laissez tomber ou si vous la maltraitez !!

    Sur une pièce de qualité, lorsque la porcelaine est décorée, les pigments sont intégrés dans l’émail de la porcelaine. Cette technique rend les décors inaltérables dans le temps.

     

    En résumé, je ne vais pas vous surprendre si je vous dis que chaque terre présente des avantages et des inconvénients. Le choix d’une céramique se fait donc en fonction de son usage et du coup de cœur bien sûr !!


    Personnellement, mon cœur penche souvent pour le grès, mais j'apprécie aussi la variété et de ne pas m'arrêter à une seule matière ou technique.


    Et vous, avez-vous une préférence ?

     

    Terr'Ame_Véronique Bélier Céramiste_Trévoux

     

     

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  • Né d’une boule jetée sur le tour ou modelée dans le creux de la main, ce contenant est une des premières pièces en terre réalisée par l’homme, le premier geste du potier. C’est la transformation d’une boule de terre en un récipient devenu indispensable dans notre quotidien.

     

    Le bol

     

    Le bol… cet élément de notre vaisselle que l’on utilise si souvent, du petit déjeuner au souper, il a toujours sa place. Un bol de thé ou de cacao, des céréales, une soupe mais aussi pour présenter des petits fruits ou des légumes, des grignotis à partager entre amis… mais aussi pour mélanger, cuisiner, transporter, offrir… Bol remplis de pousses, de petits cailloux ou de trésors variés qui peuvent décorer la maison. Ou dans un autre domaine, bol comme objet sacré qui accompagne la quête de spiritualité. Il a un potentiel inépuisable : le bol est le corps de notre esprit.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette forme simple et si souvent créée est une des plus difficiles à réaliser, obtenir une forme équilibrée, une harmonie du profil et de la courbe. Le bol est une recherche constante que l’on retrouve dans la multiplicité de ses formes et de ses décors qui varient selon sa culture, selon le potier. C’est une invitation au voyage...

     

    Quelques exemples de formes de bols de tradition japonaise :

    Le bol

    Dessins tirés du magazine PotteryMaking Illustrated, nov-déc 2013

     

    Selon la forme, les mains se placeront différemment, le contenu et le ressenti seront variés.

     

    Bol fermé : profil en forme de boule et profond, ce bol conserve bien la chaleur. Les mains sont enveloppantes. Attention toutefois, si la forme est trop fermée, c’est moins commode pour boire.

    Bol ouvert, incurvé vers l’extérieur ou pas : conserve moins la chaleur. La lèvre du bol est plus accessible, elle permet de boire plus facilement.

    Bol droit : bol le plus souvent utilisé pour boire le thé.

    Bol bas : conserve peu la chaleur. Souvent utiliser pour déguster une soupe, des céréales ou salade de fruits.

    Bol avec oreillettes : des petites poignées par goût ou pour ne pas se brûler les doigts !

    Et pourquoi pas, prévoir un bol pour l'été, plus ouvert et un bol pour l'hiver, plus fermé !! Varier les plaisirs selon son ressenti au grès des saisons.

     

    Le bol

    bol de Daniel de MONTMOLLIN, dans Mille et un bols

     

     « Le bol est une figure emblématique de la poterie. Né d’une vivante nécessité, il reproduit la coupe des mains jointes puisant dès les origines l’eau des sources. A ce geste de demande est lié celui de l’offrande »…. « Rencontre entre les mains créatrices et les mains accueillantes, le bol est servant de communion. »

    Daniel de MONTMOLLIN, texte tiré de Mille et un bols

     

     Terr'Ame_Véronique Bélier Céramiste_Trévoux

     

    Et vous, quelle est la forme qui vous attire ?

    Celle qui est en vous ?

     


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