• Les plats à four en céramique sont très agréables à utiliser. Ils permettent généralement une cuisson douce et diffusent la chaleur de manière homogène dans le plat. Ils restent chauds assez longtemps. Ces plats accrochent peu et se nettoient facilement après les avoir laissé trempés.

    Toutefois, pour leur garantir longue vie et agréable utilisation, il y a des règles à respecter. En effet, malgré leur cuisson dans un four de potier, donc à une température bien supérieure à celle du four ménager, les plats restent sensibles aux chocs thermiques. Ces changements extrêmes et rapides de températures peuvent arriver à faire fissurer un plat.

     

    Plat de cuisson fissuré

     

    6 règles pour éviter les fissures d'un plat en céramique :

     

    - Ne pas placer un plat froid (qui sort du réfrigérateur) directement dans le four, le laisser un peu réchauffer à température ambiante au préalable.

    - A l'inverse, ne pas placer un plat encore chaud au réfrigérateur mais le laisser d'abord refroidir à température ambiante. Et pour respecter l'utilisation du réfrigérateur, c'est aussi un principe valable pour n'importe quel plat !

    - Ne pas mettre un plat chaud sous l'eau froide, le laisser encore une fois refroidir avant. Vous pourrez ensuite sans crainte le remplir d'eau et le laisser tremper avant de le laver.

    - L'inverse est vrai également : ne pas verser de l'eau bouillante dans un plat froid !

    - Ne pas placer un plat sur une plaque de cuisson ou sur le gaz ! Mis à part des pièces très particulières, ils ne sont pas fait pour.

    - Lorsque vous sortez votre plat du four, le poser de préférence sur un dessous de plat pas trop froid. Un chiffon ou une manique sont une excellente alternative.

     

    Et... pour ne pas vous brûler, penser à utiliser des maniques !

     

    Remarque : il n'y a aucune précaution particulière à prendre à la première utilisation si ce n'est de bien le nettoyer avant...

     

    Plats à four

     

    Vous l'aurez compris, pour préserver son plat, il suffit de lui éviter les écarts thermiques brutaux et importants, facile !

     

     

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  • Régulièrement sur les marchés, on me demande comment je décore mes pièces : un vernis, de la peinture, un émail ?

    On peut recouvrir ses céramiques selon différentes techniques. Très souvent, notamment en ce qui concerne la vaisselle, les pièces sont émaillées. Ce qui est mon cas.

     

    Mais qu'est-ce qu'un émail ?

     

    Un émail est une matière fondante composée de différents minéraux ou oxydes (silice, feldspath, kaolin, oxydes métalliques...), qui se vitrifie et fusionne avec le tesson en céramique par l'action de la chaleur apportée par la cuisson. L’émail forme donc une couche de verre qui peut être plus ou moins opaque, plus ou moins brillant, et diversement coloré en fonction des matières premières utilisées mais aussi des conditions de cuisson, entre autre.

    Ces minéraux sont produits par la nature, issus de la croute terrestre, du cœur de la Terre. La silice par exemple, indispensable à la formation du verre, se retrouve dans le quartz, le sable, le grès, le silex… Ces minéraux doivent être réduits en poudre, mélangés entre eux selon certaines règles pour former un émail. Restera à mélanger avec de l'eau pour en permettre la pause.

     

    Quartz Sable silicieux

    Quartz

     https://www.thespruce.com

    "Great Sand Dunes National Park and Preserve"

    Par Wing-Chi Poon- Wikipedia

    Silice

     Morceau de grès

     Silice en poudre

    Morceau de grès

    Par Jonathan Zander - Wikipedia

     

    Pour autant, ce n’est pas parce que l’on mélange différentes matières premières que l’on obtiendra un émail. Il y a des règles à respecter, d'autant plus pour une production destinée à un usage culinaire. Il faut que l'émail soit solide, n'accroche pas, résiste aux aliments acides ou qui attaquent (vinaigre, sel...)... On peut donc se retourner vers les fournisseurs de matériel céramique et acheter des émaux déjà préparés ou bien, comme s'est mon cas, faire ses propres émaux.

     

     La recherche en émaillage...    

     

    Donc, la composition d’un émail ne s’improvise pas. Cela demande beaucoup de patience, d'humilité, d’essais et de cuissons avant de trouver l’émail qui convient. Comme beaucoup, je réalise ces essais sur des tessons comme sur les photos ci-dessous.

     

    Pesées triangle 1 de Daniel de Montmolin

    Exemple d'essais en triangle réalisés au CNIFOP - avant cuisson

    Tessons avant émaillage

     

    Ensuite vient la cuisson et ses révélations : coulures, décollement, matité, brillance, opacité ou transparence, tressaillage... Les résultats nous donnent des pistes à creuser, c'est loin d'être terminé !

     

    Résultats essais d'émaux

     

    Pour affiner son émail, il est bien utile de se plonger dans les diagrammes de fusion, fruit d'années de recherches, d'expérimentations et de mise en notes de Frère Daniel (de Montmollin) de la communauté de Taizé. Ce travail, partagé et diffusé au plus grand nombre par le biais d'un livre (Pratique des émaux 1300°C – Minéraux, roches, cendres) est d'une très grande valeur pour les céramistes. 

     

    Diagramme de fusion

     

    D'autres céramistes ont également partagés et publiés leurs travaux et méthode de recherche. Tous ces partages représentent un travail colossal et permettent donc de s’appuyer sur des bases pour continuer d'évoluer.

     

    A partir de là, on repart sur des calculs, des formules formules chimiques à modifier point par point, et de nouveaux et nombreux essais...

    Recherche émaillage

     

    Donc un émail est quelque chose de complexe et long à trouver. Il ne suffit pas de faire varier un oxyde pour obtenir une nouvelle couleur par exemple, ce n'est pas souvent aussi simple. C'est pour cela que lorsqu'on me demande si je peux faire la même pièce mais d'une autre couleur, et bien c'est compliqué si ce n'est pas un émail que je propose. Ceci-dit, compliqué ne dit pas impossible !

    Du coup, lorsqu'on on a une formule qui nous convient, et bien, on en profite un peu en ayant toujours bien conscience que c'est la nature qui nous offre cette possibilité. Ce passionnant travail de fourmi demande donc du temps pour changer de collection par exemple mais c'est un plaisir de recherche qui fait parti de ma pratique.

     

     

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  • Le musée des Confluences de Lyon présente une superbe exposition sur les potières d’Afrique jusque fin avril.

    Projet porté par l'association d'Argiles, Camille Virot et d’autres céramistes européens sont partis à la rencontre de potières d’Afrique de l’ouest pour étudier la fabrication de poteries usuelles. Plusieurs voyages leur ont permis de faire une grosse étude du processus de fabrication. Ils ont ramené de nombreuses informations, photographies, films et poteries. Ces pièces sont donc exposées au musée jusqu'au 30 avril, avec des films et de nombreuses photos.

    Lorsque l'on rentre dans l'espace dédié à cette exposition, on est tout de suite mis dans une ambiance très enveloppante. De nombreuses photographies nous montrent les potières africaines qui exposent avec leur superbes pots.

     

    Potières d’Afrique

     

    On apprend que la poterie est une affaire de femme et se transmet de mère en fille, que tout travail produit a une valeur, même les productions des fillettes qui sont vendues au marché.

    En suivant les pointillés, le chemin de l'exposition, on va à la découverte des céramiques exposées par îlots. Certains pots sont de tailles très impressionnantes et des formes rondes et généreuses s'offrent à notre sensibilité. On découvre des contenants qui permettent de conserver les aliments ou de préparer les plats.

     

    Potières d’Afrique

     

    On découvre des outils, des petits objets et éléments naturels utilisés comme des tiges de plantes tressées, pour réaliser les empreintes et décorations.

     

    Potières d’Afrique

     

    Un espace vidéo nous accueille et nous permet de découvrir ces femmes et leurs gestes en mouvement. De nombreux petits films que l'on ne se lasse pas de regarder pour découvrir une autre vie, une autre manière de faire. Pas de tour électrique mais des assiettes entraînées sur un lit de chamotte, des énormes pots montés au colombin, les cuissons sur le sol, en quelques heures, de grandes flambées... Bref, je ne peux que vous inciter à vous y rendre si vous en avez la possibilité !

     

    Potières d’Afrique

     

    Si cela vous intéresse, l'exposition reste encore tout le mois d'avril ! Et pour avoir plus d'informations, vous pouvez vous rendre directement sur le site du Musée des Confluences. N'hésitez pas à visionner les vidéos très intéressantes de Camille Virot et Olivier Gosselain.  Elles vous permettront d'en découvrir plus sur la démarche et la place de ces femmes potières.

     

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  • Le beurrier à eau est un ancien système de conservation du beurre. Il aurait été conçu au XVIIIe siècle, donc bien avant le réfrigérateur. Ce pot permettait de conserver le beurre à l’abri de la lumière et de l’air ambiant. Il s’est fait plus rare de nos jours mais il est encore possible d’en trouver chez certains potiers.

     

    Beurriers à eau

     

    Comme une boîte, il est composé de deux parties : la base où l’on verse de l’eau salée dans le fond et le couvercle haut qui, lui, est rempli de beurre. Une fois le beurrier fermé, le beurre est en contact avec l’eau. Ce système empêche l’oxydation et le beurre ne rancit pas. Pour une bonne conservation, il est nécessaire de changer l’eau tous les trois jours environ .

     

    Le beurrier à eau

     

    C’est un moyen écologique qui permet de maintenir de beurre à température ambiante pour qu’il soit plus facilement tartinable. Voilà du beurre parfait pour tartiner le pain chaud ou pour cuisiner. Il reste tendre sans pour autant fondre puisqu’il est quand même maintenu au frais par l’eau. Le beurre se garde ainsi plusieurs semaines, sans prendre de goût ou d’odeur désagréables.

    On peut laisser le beurre sur la table, sur le plan de travail ou le comptoir de la cuisine… il sera naturellement conservé grâce au système ingénieux de ce beurrier.

     

    Le beurrier à eau

     

    On peut trouver des beurriers avec tous ou sans trous, les deux se font. Chacun à ses inconvénients et ses avantages.

    Le beurrier avec trou demandera une grande vigilance dans le remplissage de l’eau car il ne faut pas que le beurre reste au contact de l’air ambiant. Il faudra donc bien remplir la base et refermer le beurrier au-dessus de l’évier pour s'assurer que chaque petit trou du bol soit bien au contact de l’eau.

    Le beurrier sans trou demande un peu moins de vigilance puisque le couvercle sera toujours bien refermé dans l’eau. Il faudra par contre le consommer peut-être un peu plus rapidement lorsque vous arriverez dans le fond.

     

    Le beurrier à eau

     

    Pour bien remplir son beurrier, il faut bien tasser le beurre ramolli au fond du couvercle en faisant bien attention de ne pas laisser de poches d’air. Lorsque vous vous servez en beurre, glisser la lame du couteau à la surface pour recueillir le beurre. Il faut éviter de plonger la lame dans le beurre pour ne pas créer de poche d'air.

    Une petite astuce : au cas où le beurre rancirait malgré tout, je vous conseille de le stériliser après lavage. Laissez-le simplement au four : 1h à 100° !!

     

    Nombre de personnes ont un beurrier hérité de leurs grands-parents dans leurs placards mais ne savent pas comment l'utiliser.

    Et vous ? Avez-vous un beurrier à eau ? Qu'en pensez-vous ?

     

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    Voir les beurriers à eau

     

     


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  • Il existe différents types de terre qui se distinguent par la teinte, la texture et la résistance : la faïence, le grès et la porcelaine. Toutes sont composées à partir d’un même matériau : l’argile. Mais il existe de nombreuses variétés d'argile et selon leurs spécificités, elles rentrent dans la composition de telle ou telle pâte céramique.

     

    Boules de terre

     

    Ces différentes pâtes céramiques ont donc chacune une température de cuisson correspondante. La faïence se cuit autour de 1000°, on appelle cuisson de basse température. C’est une température suffisante pour fondre l’émail sans modifier les caractéristiques du corps même de la pièce. Le grès et la porcelaine se cuisent autour de 1280°, c'est une cuisson de haute température. L’argile se vitrifie, c’est-à-dire qu’elle se transforme en une masse solide et non poreuse.

     

    ...La faïence...

    faïence

     Carol Gouthro, dans 500 Cups, Editions Lark Books

     

    La faïence reste plus ou moins poreuse après la cuisson. Elle est peu dense et légère alors que le grès est plus dense et plus compact. Elle reste relativement fragile et se cassera plus facilement en cas de choc. La cuisson en basse température permet de développer des émaux souvent plus vifs et plus colorés qu’en grès.

    Si le plat est réalisé avec une terre culinaire, les plats à four auront une bonne résistance aux chocs thermiques.

    Sa légère porosité a l’avantage de permettre une certaine évaporation des liquides qui peut être intéressante comme pour des germoirs ou des pots de fleurs par exemple. En revanche, il arrive bien souvent que ces mêmes pots de fleurs s’écaillent ou se brisent lorsque l’eau absorbée vient à geler. Il convient donc de les rentrer ou de les vider en hiver. Dans le même esprit, un napperon sous un vase ou un dessous de plat sous un pichet seront les bienvenus pour éviter les fuites et les auréoles sur les meubles.

     

    ...Le grès...

    Grès

    Tood Leech, dans 500 Cups, Editions Lark Books

     

    Le grès est plus dense que la faïence puisque la terre a subi un processus de fusion homogène de toutes les particules dont se compose la terre (comme la porcelaine). On dit que la pièce est vitrifiée. Sa résistance et sa dureté permettent de réaliser une vaisselle solide d'usage courant qui résiste aux rayures, à la corrosion et à l’acidité (comme le sel, le vinaigre…).

    La gamme des couleurs de grès est souvent plus sombre que la faïence, car les couleurs ne supportent pas toutes la haute température. Ceci-dit, les techniques évoluent et on voit de plus en plus de grès coloré.

    Après la porcelaine, le grès occupe la deuxième place dans la production de poteries de haute température, longtemps considérées comme plus nobles que la terre de basse température.

     

    ...La porcelaine...

    Porcelaine

    Photo issue du Printemps des potiers de Sanary, 2008

     

    La porcelaine est une céramique fine et translucide. C’est une terre difficile à travailler, les gestes doivent être précis et sûrs. Le potier n’a pas le droit à l’erreur sinon, gare aux déformations ou autres tracas ! La difficulté du travail et le prix de la matière première en font des pièces plus onéreuses que celles en grès ou en faïence.

    Elle cuit à la même température que le grès et comme lui, elle se vitrifie à la cuisson. Mais, à la grande différence du grès, elle devient translucide lorsque les parois de l’objet réalisé sont fines.
    La vaisselle en porcelaine est la plus imperméable et la plus dure. Elle est la plus résistante aux chocs thermiques et mécaniques. Attention, cela ne l’empêche pas de casser si vous la laissez tomber ou si vous la maltraitez !!

    Sur une pièce de qualité, lorsque la porcelaine est décorée, les pigments sont intégrés dans l’émail de la porcelaine. Cette technique rend les décors inaltérables dans le temps.

     

    En résumé, je ne vais pas vous surprendre si je vous dis que chaque terre présente des avantages et des inconvénients. Le choix d’une céramique se fait donc en fonction de son usage et du coup de cœur bien sûr !!


    Personnellement, mon cœur penche souvent pour le grès, mais j'apprécie aussi la variété et de ne pas m'arrêter à une seule matière ou technique.


    Et vous, avez-vous une préférence ?

     

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